Photographe installée à Marseille, je mène depuis plus de dix ans une recherche photographique centrée sur la perception : ce que nous voyons, ce qui nous échappe, et ce que l’image peut rendre visible.

Une part de mon travail repose sur l’expérimentation. Photographie argentique et procédés alternatifs, prises de vue infrarouges, ultraviolettes ou multispectrales : en déplaçant les conditions de captation et de restitution, j’explore les relations entre lumière, couleur et perception. Altérations, translations chromatiques et écarts spectraux deviennent alors des outils pour révéler des phénomènes que l’œil ne perçoit pas.

En parallèle, je photographie des lieux délaissés. L’abandon transforme la façon dont nous les percevons, et invite à s’y attarder, au-delà de l’aperçu immédiat. Le temps, l’usure et les traces y deviennent visibles.

Dans les deux cas, j’envisage la photographie à la croisée de l’art, de la science et de l’expérimentation, comme un moyen de déplacer les frontières du visible et de proposer d’autres lectures du réel.

Photographie de Florence Ryk